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Toponymie

Comme beaucoup d’Issendoliens (ou d'Issendolusois, qui serait le nom officiel des habitants de la commune) d’origine ou d’adoption, je me suis souvent posé la question de l’origine du nom « Issendolus ». La toponymie n’étant pas une science exacte, il existe un certain nombres d’explications, plus ou moins fantaisistes ou sérieuses, que vous trouverez dans les pages qui suivent.

Tous mes remerciements à Madame Christiane Cayrol qui a rassemblé avec patience et persévérance un grand nombre d’informations sur ce sujet. Ma seule contribution a été d’assembler, sous une forme un peu humoristique, et parfois, de compléter les informations qu’elle m’a fournies.

Ces informations rassemblées sous forme d'un fascicule sont consultables à la mairie.

D'après Monsieur Armand Gautié - Issendolus:

Au XI siècle, avec la reprise du pèlerinage de St Jacques de Compostelle qui passe par Rocamadour, deux pèlerins dont l’un s’appelait Dolus, prénom courant à cette époque, arrivent à Montin en vue de l’Église du village. Son compagnon, soulagé d’arriver en des lieux hospitaliers lui dit en patois « L’i sèm Dolus ! » (« Nous y sommes Dolus »). Le village se serait donc appeler Issendolus !

D'après une source anonyme (transmis par Christiane Cayrol):

DOLUS proviendrait du latin DOLARE, déformation locale de DOLAR qui aurait donné DOLLARD voulant dire Argent et par extension Or. Donc Issendolus signifierait "Ici dans l'Or" ou plutôt "Le Pays de l'Or", blanc ou noir reste la question?

D'après l'Abbé Fouilhac (Chroniques du Quercy 1886, Collection Lacabane):

L’église que nos deux pèlerins aperçurent en arrivant à Montin est dédiée à Saint Julien, il se pourrait qu’au cours des siècles de « Sanctus Julianus » en passant par « san-julian », « sans deolians », « sandolians », « san dolias », « san-dolus », « sendolus », on en soit finalement arrivé à Issendolus.

D'après une source non identifiée:

Dans le même ordre d’idée, en restant toujours dans le domaine religieux, pourquoi ne pas penser au Saint Patron de notre pèlerin : Saint Dolus , on parlerait alors d'un hagiotoponyme. Le nom de Saint Dolus aurait été transformé en Issendolus en 1792 sur ordre du comité de salut public.  Nom qui aurait été maintenu après 1795 malgré l’autorisation donnée aux communes de reprendre le nom de leur Saint. Dolus pourrait signifier « ruse », « tromperie », Saint Dolus serait le protecteur des escrocs ; à coté de la procession à Sainte Fleur le 5 octobre, pourquoi ne pas organiser, à une date à fixer, une « procession » à Saint Dolus regroupant ce que la région et au-delà regroupe de filous et de personnages plus ou moins douteux, la curiosité aidant, le succès de foule serait garanti. Malheureusement, confirmé par le Chanoine A. Freyne (Archiviste diocésain de l’Archevêché de Cahors) dans une lettre à Mme Cayrol(*), il n’existe pas de Saint Dolus, sauf à faire appel à sa protection, il ne sera donc pas possible d’organiser une telle manifestation.

Il semble néanmoins que Saint-Dolus ait été utilisé incorrectement (?) en lieu et place d'Issendolus avant la révolution française comme en témoigne le "Contrat de mariage" entre Géraud AMADIEU et Géraude de POUCH reçu par le Notaire DELCAYLA à Gramat le 23/11/1718 ainsi que l'histoire de Sainte Fleur tirée du Missel de l'Abbé Christian-Philippe Chanut. Il existe également un certain nombre d'actes de baptême ou Saint Dolus est utilisé à la place d'Issendolus avant la révolution de 1789, comme celui-ci ou les deux noms sont utilisés: "DEPEYROT est né le 31 août 1769 à Issendolus, Guyenne, Quercy, France, et a été baptisé le 21 septembre 1769 à Saint Dolus, Guyenne, Quercy ...".

Néanmoins, on retrouve beaucoup de traces du vocable "hôpital Saint Dolus" dans de nombreux livres (merci à Google Books) antérieurs et postérieurs à la Révolution Française, celui-ci couvrait le couvent de l'Hôpital Beaulieu dans la commune d'Issendolus, tenu par des religieuses de l'Ordre de Malte.

(*) Issendolus était déjà le vocable de la paroisse avant la révolution, on retrouve son usage dans une charte de Géraud IV de Barasc évêque de Cahors en 1245 ainsi que dans un arrêt de juin 1627 (page 350 des Archives Départementales de Haute-Garonne antérieures à 1790) du Tribunal de Toulouse. De plus, Saint Dolus, n'apparaît jamais dans aucun catalogue de saints. On parle dans ce cas d'un faux hagiotoponyme.

Il existe un village nommé Lapeyre-St-Dolus   qui se trouve dans les environs de St-Projet-de-Salers dans le Cantal, mais si ce village est bien nommé de cette façon dans un "Hommage" de 1284, on retrouve des écrits de 1884 ou il s'appelait La Peyre d'Issendolus. Le terme "Peyre" (pierre en occitan) aurait pour origine une borne indiquant la limite de propriétés. Pour ce qui est de "St Dolus", c'est beaucoup plus obscur et il existe certainement un lien entre les deux villages, probablement des personnes ayant quitté Issendolus pour Lapeyre-St-Dolus.

Il existe également dans l'Oise, un lieu appelé Domont qui se nommait jusque 1550 Dolus Mons.

Voir également le site concernant le mot Dolus.

Communiqué par Mr. Jeannot Brunet du Breil (ainsi que d'autres sources, comme la revue Quercy Recherche):

Toujours en rapport avec notre Église, il se pourrait que Issendolus soit dérivé du mot "essendolès" (ou "essendols", "eissendols", "essendola") désignant au Moyen-âge les tuiles de bois qui recouvraient les édifices et principalement les Églises avant l'emploi des tuiles en terre cuite. Notre Église et d'autres maisons du village étaient peut-être recouvertes d'essendolès. Les essendolès (se présentant comme de longues lattes) étaient également utilisées pour construire des clôtures.

D'après Albert Dauzat (Dictionnaire éthymologique des noms de lieux de France, Larousse, 1963):

La formation linguistique du toponyme "Issendolus" se serait faîte à partir du dérivé latinisé "exinguidus" (ou "exingidus") d'un nom d'origine gauloise: "exinguidous" dont le sens est obscur (mais qui pourrait être le nom d'un personnage gaulois) et qui avec le suffixe, lui-même gaulois "ouquio", donne un "exinguidoulouquiou" ("exingidulus" en latin). En évoluant et en se déformant, il a donné "Eissindolus" et enfin "Issendolus".

D'après Ernest Nègre (Toponymie Générale de la France, 1990-1991):

Le nom Issendolus serait un dérivé du nom d'un personnage Gaulois appelé Iccius; on trouve des traces d'un personnage romain nommé Iccius, il aurait combattu les Belges (!) dans les guerres que César menait contre la Gaule.

Il se pourrait également que le nom Issendolus soit formé du préfixe "Iss" suivi du participe passé occitan d'"endolir" qui signifierait endolori, peut-être même suite à une grande catastrophe comme un massacre ou un pillage.

D'après Mr. Seguin de l'Hôpital Beaulieu (reçu du Vicaire Général du Diocèse de Moulins):

Le nom Issendolus serait d'origine celtique comme beaucoup de patronymes de la région. Les Celtes étaient sans doute installés en Gaule dès le Ve siècle av. J.-C., puis leur population s'est étendue jusqu'à la Méditerranée et aux Pyrénées. Si le substrat celtique est assez pauvre au niveau des noms communs, il est au contraire très riche en toponymie.

En celte, deux termes opposés désignaient, l'un les hautes terres "Ussen", l'autre les basses terres "Issen". Le premier a donné "Ussel" et "Uxello" en latin qui désigne un point élevé et par exemple "Uxellodumun" cité fortifiée sur une hauteur. Le deuxième se retrouve dans Issoire et d'autres termes locaux désignant des plaines en contrebas de plateaux élevés où s'écoulent les eaux. Quant au mot "Dol" en celte il veut dire méandre et par extension marécage. On retrouve là l'origine du mot "doloire". "Issendol" se traduit par "vallon sinueux facilement inondable". Latinisé pour faciliter la déclinaison, il a donné Issendolus.

Cette explication semble très plausible, car si on examine les terrains qui vont de la "gourgue" (située au petit lac sous le le Couvent de l'Hopital) et qui remontent vers la route qui passe sous le village et se dirige vers Malpial et Touleyrou, on peut constater qu'ils forment l'assiette d'un vallon et que par forte pluie, ils sont recouverts par les eaux, parce que le débit du siphon n'est pas suffisant pour que celles-ci s'évacuent rapidement dans la galerie souterraine. On peut imaginer sans peine qu'à l'époque celtique, le débit de la perte était plus faible et que le vallon restait sous les eaux quelques semaines, voire plusieurs mois à l'époque des pluies. D'où l'appellation du site: "Issendol". De plus, si on examine la carte  du XVIII siècle attribuée à de Cassini de Sarlat, on peut nettement distinguer du nord au sud, autour d'Issendolus, y compris l'Hôpital Beaulieu, une terre basse en forme de méandre, ce qui confirmerait l'hypothèse de Mr. Seguin. Une confirmation supplémentaire viendrait du fait que l'Hôpital Beaulieu s'appelait à l'origine Hôpital Issendolus, de nombreux écrits en témoignent tels que la création de l'Hôpital par les Seigneurs de Thémines en 1246 ainsi que son don aux Hospitaliers de St Jean en 1259.